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Le 14 juillet 2009
Pour essayer de trouver un remède aux excès connus depuis plusieurs années dans notre secteur, liés en particulier à la vente et l’utilisation abusive de « pétards » et diverses pièces d’artifice pendant des semaines précédant voire suivant la date du 14 juillet, notre CIQ n’a pas ménagé ses efforts pour mobiliser les ressources et les appuis nécessaires :
- réunion « Sécurité » de notre CIQ du 18 février 2009 avec les Responsables d’ensembles résidentiels du secteur, Monsieur Didier GARNIER, Conseiller général, et des Responsables d’associations d’Educateurs spécialisés (APIS et ADDAP 13) ;
- participation au Forum et Assises « Libertés-Sécurité » de Mazargues du 21 avril 2009 ;
- participation à plusieurs réunions « Sécurité » du CIQ de Mazargues, avec la Capitaine PERARD, commandant le Commissariat du 9ème arrondissement et le Responsable de l’UTEQ Sud ;
- courrier du 2 juin 2009 à Monsieur Jacques DALLEST, Procureur de la République (qui a très rapidement fait donner une aimable réponse téléphonique à notre courrier) ;
- réunion du Conseil d’administration de la Fédération des CIQ du 9ème arrondissement du 9 juillet 2009, avec la présence du Commissaire Divisionnaire GENESTE et de la Capitaine PERARD .
Sans compter de nombreux échanges de courriers et communications diverses avec entre autres Monsieur FARINA, Responsable de la Commission « Sécurité » de la Confédération des CIQ de Marseille et des Communes environnantes, les Educateurs de l’association APIS, etc…
BILAN du 14 juillet 2009
Pour ce qui regarde le secteur couvert par notre CIQ, il convient de signaler les faits suivants :
1) nos efforts et ceux déployés par les personnes et responsables cités ci-dessus n’ont pas été vains : vérifications faites auprès de nos riverains et des responsables des Conseils syndicaux de résidences avec qui nous travaillons, la période du 14 juillet 2009 (y compris les journées précédant et suivant cette journée) a été sans conteste beaucoup plus calme que les années précédentes. En particulier, les deux grands ensembles résidentiels que sont le Nouveau Parc Sévigné et Le Trioulet n’ont pas connu d’incidents ni d’utilisation intempestive de pétards, même le jour de la fête nationale !
2) en revanche, nous devons malheureusement dire que les habitants et les riverains voisins de la résidence de La Cravache n’ont pas connu la même tranquillité. Dans les quelques jours précédant le 14 juillet, les fonctionnaires de l’UTEQ, lorsqu’ils étaient appelés, pouvaient ramener le calme.
Mais il n’en pas été de même dès le début de la journée et dans l’après-midi du 14 juillet : les policiers de l’UTEQ, devant être de service dans la nuit du 14 au 15 et étant de repos dans la journée, n’ont pas pu intervenir pour arrêter ce qui a été pendant des heures un festival de pétarades intenses et dangereuses comme on en a rarement vu dans le quartier ! Les éducateurs de l’association APIS ont emmené les plus jeunes et leurs familles pour une sortie en autobus mis à leur disposition par la mairie de secteur à partir de 17 heures, mais les plus âgés des jeunes s’en sont donnés à cœur joie jusque tard dans la nuit. Des feux de pneumatiques et de poubelle sur la contre-allée devant La Cravache auraient été éteints par l’intervention des Marins-pompiers et une violente altercation avec un automobiliste voulant passer sur cette contre-allée se serait produite.
Conclusions et questions
Lors de la réunion du 9 juillet 2009 de la Fédération des CIQ du 9ème arrondissement avec le Commissaire Divisionnaire GENESTE et la Capitaine PERARD commandant le Commissariat de Police du 9ème arrondissement, j’ai eu l’occasion de dire -ainsi que le Dr GAUJOUX, président du CIQ de Mazargues- tout le bien que je pensais de la disponibilité et de la réactivité de l’UTEQ Sud. Félicitations et remerciements, au nom des riverains, que je renouvelle ici.
Remerciements, aussi, aux éducateurs de l’association APIS, pour le rôle qu’ils ont joué dans cette période, comme en d’autres occasions.
Il va de soi que nos remerciements vont aussi à tous ceux qui ont entendu nos demandes : Elus de la mairie de secteur et de la Mairie de Marseille, Monsieur le Préfet de Police, Monsieur le Procureur Jacques DALLEST, Monsieur FARINA de la Confédération des CIQ de Marseille.
Mais nous sommes obligés de déplorer la situation que nous avons connue à La Cravache. Pourquoi et comment quelques jeunes ont-ils pu ici – alors que ce ne fut pas le cas dans les autres grands ensembles de notre secteur – utiliser en toute impunité des centaines (ou milliers ?) de pièces d’artifice, jusqu’à vouloir, pour faire bonne mesure…, mettre le feu à des pneus et des poubelles sur la contre-allée du boulevard Michelet (ce qui a été évité, nous ne savons pas très bien comment et par qui) ?
Assurément, des stocks de pétards ont été utilisés ici -ce qui n’a pas été le cas au Trioulet et au Parc Sévigné- en profitant de la non-disponibilité pendant quelques heures de l’UTEQ (l’appel à d’autres forces de police ayant été vain).
Quels commerces, gros et petits, avaient alimenté ces jeunes ?
Quid de l’interdiction de vente ? de l’interdiction d’utilisation ?
Des contraventions auprès de certains jeunes avaient-elles été dressées les jours précédents, ou pas ?...
Et aussi quel sens à donner à l’action sociale et éducative auprès des jeunes ?
Toutes questions, parmi quelques autres, que nous continuerons à (nous) poser !
Si le bilan des actions préventives et dissuasives a été bon dans plusieurs secteurs, nous nous en réjouissons, nos demandes et interventions en ce sens depuis plusieurs années, ainsi que celles de CIQ voisins, ayant été cette année entendues. Pour la partie du territoire couvert par notre CIQ où ces actions n’ont pas eu l’efficacité que nous souhaitions, nous continuerons à faire appel à toutes les personnes et responsables que nous avons l’habitude de réunir depuis 2002 : étant entendu que les Responsables actuels de La Cravache méritent d’être aidés, et que l’ensemble des habitants du quartier, résidant ou non à La Cravache, ont tout à y gagner.
Guy BRAULT
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Charte MPM / CIQ
La Confédération des CIQ avait signé avec les candidats MM. GAUDIN et GUERINI, avant les dernières élections municipales, une charte de partenariat privilégié avec la Mairie de Marseille.
Mais comme on ne le sait peut-être pas, c'est aujourd'hui la Communauté Urbaine Marseille Provence Métropole qui exerce en fait 80% des compétences qui étaient auparavant celles du maire de Marseille, en particulier, et du Conseil général.
Du coup, la Confédération des CIQ et la Communauté urbaine MPM ont préparé et adompté le 16 mai 2009, sous la signature de Monsieur CASELLI, Président de MPM et de Madame CORDIER, Présidente de la Confédération des CIQ, une charte de partenariat privilégié.
Concrètement pour nous CIQ, nos demandes les plus importantes concernant la Voirie, la Signalisation, les Transports, l'Urbanisme, le Développement économique, la Protection de l'environnement, la Collecte et le Traitement des déchets et la propreté doivent être adressées à la Communauté urbaine, avec copie à la Confédération des CIQ et notre mairie de secteur pour avis.
Il s'agit évidemment là d'une nouveauté remarquable en France pour nous CIQ. Et nous espérons bien sûr que la "proximité" de nos CIQ avec les décideurs sera maintenue :à nous d'y travailler !
Pour consulter le texte de la Charte MPM / CIQ.
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Du Musée des Arts premiers au MUCEM
Dans un article récent, un de mes amis philosophe, François WARIN, fait remarquer que lors de la création du Musée des Arts Premiers, Quai Branly, à Paris, musée constitué sur les dépouilles des autres musées d’anthropologie et en particulier sur celles du Musée de l’Homme, les livres sur l’Europe ont été mis à part…pour être envoyés ultérieurement au Mucem, le Musée des Civilisations européennes et méditerranéennes de Marseille.
Comme si, remarque malicieusement (mais sérieusement) mon ami, toute une partie des œuvres du continent européen ne méritaient pas elles aussi d’être considérées « premières », primitives ! Et comme si, soulignons-le, toutes les civilisations du monde, sauf l’Europe, pouvaient être honorées dans leurs œuvres remarquables, voire chefs d’oeuvre – comme c’est d’ailleurs le cas au Musée du Quai Branly- au titre d’un « primitivisme » auquel nous échapperions, nous européens. Ce qui, faut-il le souligner, n’était pas le cas au Musée de l’Homme où, à travers la diversité des cultures du monde, l’unité de l’espèce humaine donnait son sens à ce musée.
Sans évoquer ici les débats et polémiques qui ont accompagné la création du Musée des Arts premiers, il y a donc eu là, en deça des « bonnes intentions » présidant à la création de ce magnifique Musée du Quai Branly (rappelons que le Président CHIRAC a ouvert ce musée en proclamant l’égalité des cultures du monde et sa volonté de rompre avec l’époque coloniale) cet « oubli » curieux de cette partie du monde qu’est l’Europe, comme si nous n’étions pas exactement « comme eux », les visiteurs de ce musée étant de fait conviés à une exposition de qualité, mais « exotique » dans le regard européen.
Difficulté, assurément, de tourner la page d’une certaine conception de la France et de l’Europe à l’égard des pays et cultures « primitifs » (beaucoup étant de nos anciennes colonies).
J’ajouterai à l’analyse de François WARIN qu’il y a aussi, devant ce qui est « primitif », une mise à distance certaine de la part de nos pays « civilisés ». Cette attitude n’est pas sans évoquer ce que FREUD appelle, dans un article de 1917, l’inquiétante étrangeté : ce qui procure parfois ce sentiment particulier, dans certaines circonstances, devant certains objets ou faits ou événements soudainement ressentis comme effrayants, c’est le fait d’être brutalement obligé d’y reconnaître quelque chose qu’on a « refoulé » en soi, alors qu’on ne s’y attendait pas.
Sans doute la sensibilité à cette « inquiétante étrangeté » est-elle différente selon les individus et variable selon les types et degrés de culture des personnes. Si l’on prend l’exemple des masques africains ou orientaux exposés Quai Branly, ces objets énigmatiques sont évidemment inquiétants en ce qu’ils laissent supposer de ce qu’il peut y avoir en nous « au-delà des apparences » ; mais ils appartiennent à des cultures autres, ils peuvent être vus comme des œuvres d’art exotiques qu’on pourra même acheter dans des boutiques, voire sur nos marchés : cela permet de mettre à distance la charge émotionnelle qu’ils peuvent véhiculer. Mais lorsqu’au détour d’une exposition comme celle du Mucem en 2007 on tombe soudain sur un masque suisse du XIXème siècle non moins effrayant mais bien européen, nous sommes bien renvoyés à ce fonds universel de l’humain aux prises avec un « étrange » qui n’est pas « étranger », cette fois-ci, qui est aussi le nôtre, culturellement et peut-être personnellement.
D’un point de vue historique, on peut comprendre qu’il y ait une grande difficulté dans notre continent, et en France entre autres, à tourner la page d’une certaine conception de l’Europe, origine de l’ « occidentalisation » du monde à travers ses bons et moins bons aspects pendant des siècles, ses « conquêtes » les plus guerrières et dominatrices comme les plus pacifiques et les plus humanistes! Cette « occidentalisation » du monde - même si le terme peut évidemment prêter à discussion – est évidente au point qu’aujourd’hui des Etats-Unis jusqu’au Japon en passant par l’Inde et la Chine, c’est un modèle « occidental » qui a envahi le monde et se mêle avec plus ou moins de bonheur ou de conflits avec les cultures originelles de ces pays.
Mais cette question du rapport entre les cultures fait aussi difficulté pour ceux, intellectuels et autres, qui voulant en rabattre de la volonté hégémoniste de l’Occident, de sa prétention à l’universel, manifestent un repli identitaire voire communautaire en voulant de fait instituer une clôture entre les cultures : l’Orient et l’Occident s’opposent, l’Inde et l’Europe s’opposent et plus que des différences culturelles, on construit là ce que François WARIN appelle des « isolats culturels incommunicables et égaux ». L’Europe n’est donc qu’une culture parmi d’autres, comme les autres.
Ce qui est à la fois vrai et faux.
Car dans ce relativisme culturel se manifeste l’oubli que « depuis Hérodote », indique mon ami philosophe, en passant par l’Humanisme du XVIème siècle et le Siècle des Lumières, l’Europe s’est toujours aussi signalée par son « exceptionnelle curiosité pour l’Autre » : s’il y a un universalisme de la pensée européenne, c’est que cette pensée a aussi consisté à combattre l’étanchéité des modes de pensée, y compris chez les penseurs européens (« Comment peut-on être Persan ? », se moquait Montesquieu...).
Et de la clôture entre les modes de pensée, entre les civilisations, il n’y a parfois qu’un pas à franchir pour aboutir au « choc des civilisations ». C’est ce que récemment le traumatisme des attentats du 11 septembre contre les Twin Towers a déchaîné de la part d’un territoire qui n’était donc plus « étanche », à l’abri, folle « croisade » à laquelle le nouveau président des Etats-Unis semble vouloir mettre fin au nom des « qualités modératrices de l’humilité et de la retenue » et d’une « coopération et une compréhension plus grande entre les pays » (extraits du discours d’investiture de Barack Hussein OBAMA).
Le Mucem – dont je n’évoquerai pas ici la genèse, sinon pour signaler que d’abord « cadeau à Marseille » du gouvernement JOSPIN, le projet s’insère maintenant dans le projet d’Union de la Méditerranée du président SARKOZY – se veut un lieu ouvert à un authentique dialogue entre les cultures, européennes et méditerranéennes, dans une rencontre où s’exprimera à la fois leur diversité mais aussi leur profonde unité humaine, dans l’esprit qui était celui du Musée de l’Homme. Rencontre qui mettra en lumière comment ces cultures se sont transformées à travers les contacts de l’histoire, et aussi comment les peuples, de façon pragmatique, ont su intégrer à leur manière les changements auxquels ils ont été confrontés et auxquels ils ont participé. Si un musée peut avoir une ambition ethnologique scientifique, c’est celle-ci.
Il se trouve, au moment où je vais conclure cet article, que j’apprends que des associations, dont celle de la Fédération des Comités d’Intérêts de Quartiers du 2ème arrondissement de Marseille, veulent déposer un recours contre la construction du Mucem. Les riverains, nous dit-on, préféreraient des espaces verts. Peut-être. Il est bien sûr dans la vocation des Comités d’Intérêts de Quartiers de s’occuper…de leurs quartiers, de leurs espaces verts, de la propreté, de la voierie, etc…Mais il est aussi de s’occuper de Marseille, de la ville tout entière, de ce qui peut donner un sens à une entreprise d’intérêt tellement « public » que cette ville n’a toujours été faite que de ces rencontres entre les peuples méditerranéens, et qu’il faut l’illustrer.
Sans compter, me semble-t-il, que le projet architectural lui-même me paraît s’intégrer de façon très symbolique et harmonieuse dans l’entrée du port de Marseille – architecture certainement plus conforme à l’urbanisme et à l’architecture méditerranéens d’une ville de mistral, d’ailleurs, que certaines tours qui défigurent le panorama marseillais. Alors ? Espaces verts contre projet culturel ambitieux : autre « choc de cultures », autre forme de « repli identitaire » ?...Dans quels cas pouvons-nous ou devons-nous dépasser les frontières de nos quartiers ? Alors que Marseille a été élue Capitale de la Culture ?
Guy BRAULT
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